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by • 13 mars 2025 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 14 mars 2025.94

Essor Sarladais du 14 mars 2025.

Il y a 80 ans.

Le Tour des Livres.

  Pour commémorer les 80 ans de la libération des camps de la mort nazis, les éditions Zulma rééditent une œuvre bouleversante « Le Chant du peuple juif assassiné » de Yitskhok Katzenelson. Il s’agit d’un long poème rédigé en 1943 – 1944, et miraculeusement parvenu jusqu’à nous. L’auteur, né à Minsk en 1886, voyagea dans toute l’Europe, l’Amérique et le Proche Orient, avant de s’engager dans les combats du ghetto de Varsovie. Arrêté, il est un temps transféré dans le camp de Vittel, en France, avant de partir pour Auschwitz où il sera gazé. C’est donc en France (dans un camp tenu par les Allemands) qu’il rédige cet ouvrage essentiel, témoignage autant que travail littéraire. Avant son départ, il dissimule le manuscrit dans une bouteille scellée qu’il enterre « près de la sortie à droite, au sixième poteau, celui qui porte une fente en son milieu, au pied d’un arbre. » La Française à qui il avait confié son secret ne le trahira pas. Dans une longue postface à l’édition, Rachel Ertel rappelle  cette étrange histoire.

Avec « Des mots et des actes », sous-titré « Les belles-lettres sous l’Occupation », paru chez Gallimard, Jérôme Garcin décrit, avec une plume mouillée d’acide, le petit monde littéraire, toujours très parisien, qui cohabite sous la botte allemande. Côte à côte, on trouve des résistants (Malraux, Jean Prévost, Jules Roy, Kessel, etc) et des collaborateurs, idéologiques ou opportunistes (Céline, Brasillach, Drieu La Rochelle, Rebatet, etc). D’autres encore s’efforcent de survivre en faisant, tant bien que mal, leur métier (Cocteau, Guitry, etc). Le plus étonnant est qu’ils se fréquentent assidument et, parfois, s’entraident. La littérature est l’art de la nuance, et il est bien difficile de trouver un juste milieu quand le monde est devenu manichéen.

C’est un autre manuscrit caché, bien plus célèbre que le premier, qui est mis en valeur sous la plume de l’auteur allemand Thomas Sparr, sous le titre « Je veux continuer à vivre, même après ma mort. », qui parait chez Calmann-Lévy. Il y a 80 ans, Anne Frank nous laissait son célèbre « Journal », devenu un des livres les plus lus au monde. L’auteur revient sur la volonté d’Anne de laisser une empreinte durable. Il étudie les différentes versions et souligne les efforts de son père pour que ce témoignage incomparable ne se perde pas. Ce ne fut pas sans mal.

Avec « Histoire d’un mythe », publié chez Folio Histoire, Norman Cohn revient sur un livre qui a atteint les plus gros tirages de l’entre-deux-guerres. « Les protocole des sages de Sion » furent écrits à Paris, par la police secrète du tsar, afin de justifier les pogromes. Il prétendait dénoncer ‘un complot juif mondial pour dominer le monde’. Tout était faux, mais beaucoup l’ont cru, et les nazis en ont fait la base de leur politique.

                                                             Jean-Luc  Aubarbier.

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